Le contexte
Une propriétaire d'un immeuble composé de plusieurs logements loués nous appelle après l'incendie d'un appartement. Dans une chambre de 12 m² : deux radiateurs en fonte, des rideaux en polyamide juste au-dessus, une plaque chauffante et une bouilloire posées sur le radiateur. Rideaux, téléviseur, réfrigérateur, sol et fenêtres PVC : tout a brûlé.
Pourquoi faire appel à un expert d'assuré ?
L'assurance du locataire refusait de prendre en charge le sinistre, au motif que « ce n'était pas sa faute ». Le risque : voir le coût du sinistre basculé sur la propriétaire, pourtant étrangère à l'origine du feu.
Le coup de maître technique
Le locataire affirmait que le feu avait pris « tout seul » pendant qu'il était aux toilettes. Nous reconstituons la chronologie de l'incendie : il faut environ 6 minutes pour qu'un objet atteigne ~1 800 °C et commence à fondre, puis 60 à 90 secondes de réaction en chaîne. La combustion du polyamide dégage des fumées physiquement irritantes (yeux, voies respiratoires) : impossible de « ne rien sentir » dans une pièce aussi exiguë. Conclusion technique : un appareil a été laissé allumé alors que l'occupant avait quitté les lieux — un usage que le règlement intérieur interdisait.
Le dénouement
12 000 € sont obtenus pour la propriétaire, et la tentative de lui faire porter la responsabilité du sinistre est écartée, preuves techniques à l'appui.